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Histoire de la Fédération de Gironde


Comme au niveau national, l’UDF Gironde réunit, dès sa création en 1978, les trois grandes familles de pensée centriste, radicale et libérale.


UDFL’histoire récente des centristes girondins est fortement liée à la candidature présidentielle de Jean Lecanuet, en 1965, qui crée une véritable dynamique aboutissant à la création du Centre Démocrate l’année suivante. Sa fédération départementale est présidée successivement par le professeur Minvielle (1966-68), le docteur Guy Larrue (1968-76), puis, devenue en 1976 Centre des Démocrates Sociaux (CDS), par Didier Cazabonne. Ce dernier reste à ce poste jusqu’en 1995, année où le CDS fusionne avec le Parti Social-Démocrate (PSD) pour former Force Démocrate (FD) , dont il prend la direction.

A noter la présence dans les rangs du CDS girondin d’Alain Cazabonne, qui devient Maire de Talence en 1993 et de l’universitaire Pierre Létamendia. Enseignant à l’IEP Bordeaux, spécialiste reconnu de la démocratie chrétienne, proche de François Bayrou , candidat aux élections législatives en 1993 sur la 7e circonscription de la Gironde, son décès soudain en 1995 a laissé un grand vide chez ses amis politiques.


Associés un temps aux centristes au sein du Mouvement Réformateur, les radicaux forment une deuxièmeParti radical composante de l’UDF, profondément enracinée dans le tempérament politique du Sud-Ouest. Avec des personnalités comme Patrick Epron, Dominique Iriart, Jean-Didier Bannel, qui en présideront successivement la fédération girondine, sans parler de Daniel Picotin, les radicaux girondins ont souvent été l’aiguillon de l’UDF, tout en y prenant pleinement leur place.

L’année 2002 est l’occasion pour les principaux élus et cadres radicaux du département de manifester avec courage leur loyauté envers l’UDF, d’abord en soutenant énergiquement la candidature de François Bayrou, puis, avec l’esprit girondin qui les caractérise, en refusant de suivre la direction nationale du Parti Radical, estimant que la défense de leursUDF convictions plus que centenaires passait par leur maintien au sein de l’UDF.   

A noter la présence, non dans le parti mais dans la mouvance radicale, d’Aymar Achille-Fould, député du Médoc de 1962 à 1978, puis en 1986, et secrétaire d’Etat sous les présidences Pompidou et Giscard d’Estaing.

 

Démocratie LibéraleTroisième famille : les libéraux. Ils sont représentés par l’émanation départementale du Parti Républicain (PR), qui deviendra en 1997 Démocratie Libérale (DL) et fera le choix de quitter l’UDF l’année suivante avant de disparaître en 2002, absorbée par l’UMP.

Mais cette défection ne sera que d’un effet limité en Gironde du fait d’une particularité girondine : la forte implantation de l’autre composante libérale, les Clubs Perspectives et Réalités, qui restent, quant à eux, fidèles à l’UDF. Recrutant au-delà desNouvelle UDF milieux politiques, largement ouverts aux forces vives et aux évolutions de la société, ces Clubs se définissant volontiers comme « giscardiens », développent notamment un concept original de dîners-débats mêlant réflexion et convivialité autour de personnalités qualifiées. Fondés en 1965, ils sont présidés successivement par le docteur Georges Guilain, Patrick Colombel, M. Viala, Laurent Coste, puis, à partir de 1990, par Thierry Millet.

 

Nouvelle UDFEn plus de ces trois familles, la Gironde a également vu se développer des Adhérents Directs, se rattachant directement à l’UDF sans passer par l’une de ses composantes. Parmi ces précurseurs de la Nouvelle UDF, citons Dominique Berland ou encore Bernard Lauret, actuel premier adjoint au maire de Saint-Emilion.


Dès 1978, afin d’organiser le travail en commun de ces composantes, des structures de direction de l’UDF Gironde se mettent en place, sous les présidences successives de Jean-François Pintat (1977-82), Jean-Pierre Bébéar (1982-85), Robert Cazalet (1986-95), Daniel Picotin (1995-97) et de nouveau Jean-Pierre Bébéar (1997-98).
UDF
Aux côtés du président, un délégué départemental assure le fonctionnement opérationnel de la fédération. Patrick Epron, Thierry Millet et Jacques Mangon ont, notamment, assumé cette mission.

Enfin, un conseil et un bureau départementaux permettent une représentation équilibrée de toutes les composantes. 
Lorsque celles-ci, en 1998, fusionnent au sein de la Nouvelle UDF, c’est le centriste Didier Cazabonne qui en est porté à la présidence départementale. Aujourd’hui Premier Adjoint au Maire de Bordeaux, il est réélu Président de l’UDF Gironde en 2002 et 2005. En signe d’union, le libéral Thierry Millet et la radicale Dominique Iriart deviennent respectivement président délégué et déléguée départementale.


Comme toute force politique, l’UDF Gironde a connu des moments de succès et de difficultés. Si son existence a certes été marquée par l’ombre tutélaire des deux grandes personnalités de la vie politique locale, Jacques Chaban-Delmas, puis Alain Juppé, cela n’a pas empêché l’UDF de vivre sa vie de façon autonome. L’épisode de la législative partielle opposant, en 1970, le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, alors Premier Ministre, au candidat réformateur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, soutenu par les radicaux et le centristes, en est une illustration parmi d’autres.

UDF GirondeAu nombre des succès, on citera les élections législatives de 1993, qui voient quatre UDF girondins faire leur entrée au Palais Bourbon, parmi lesquels Daniel Picotin, élu sur la 11e circonscription, qui regroupe le Nord Gironde. Dans la foulée, en 1995, celui-ci conquiert avec panache la présidence de la fédération. Son mandat sera marqué par un grand dynamisme et une affirmation sans complexes face au RPR.

Parmi les difficultés, il est indéniable que la création de l’UMP, en 2002, si elle n’a pas eu d’effet sur les forces militantes de l’UDF, a entraîné le départ de certains élus importants, attirés par le mirage d’un nouveau parti majoritaire, se présentant au départ comme pluraliste.

Mais la pertinence de la stratégie nationale de François Bayrou conjuguée à la détermination et à la capacité de résistance des élus et militants sur le terrain ont permis à l’UDF Gironde de rebondir, jusqu’à enregistrer des scores UDF Girondeplus qu’encourageants aux consultations électorales de 2004. D’abord aux régionales, où quatre UDF  girondins sont élus, à quasi-égalité avec l’UMP : Véronique Fayet, Jean-Charles Paris, Laurence Dessertine et Daniel Picotin. Puis aux européennes, où la liste conduite par le girondin de cœur (et de résidence) Jean-Marie Cavada obtient plus de 50 000 voix, soit 13,31%.

Ces résultats constituent le socle de la reconquête, dont les échéances de 2007 et 2008 seront le moment privilégié. C’est précisément pour réussir ce défi que Didier Cazabonne a souhaité, en 2005, mettre en place une nouvelle organisation, plus efficace et plus lisible, ouvrant ainsi une page nouvelle pour l’UDF Gironde.
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